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SPT: Pourquoi se soigner ? Pour moi et pour les autres

3 comm.
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Consulter un psychologue n’est pas faillir !

Le militaire comprend la blessure physique. Quand il est blessé en opération, il accepte les soins infirmiers et médicaux, il accepte la civière, il accepte le rapatriement, les opérations chirurgicales, les transfusions, les antibiotiques, tout l’arsenal qui va permettre de lui sauver la vie et de supprimer ou diminuer les séquelles physiques. Il accepte toute la prise en charge. C’est dans l’ordre des choses. Il ne s’imagine pas un instant être capable de se soigner seul. La rééducation sera peut-être difficile mais il va se battre pour s’en sortir.

Quand le soldat a une blessure psychique, l’approche est différente. La blessure touche au moral, elle touche au cerveau. Et elle devient inacceptable. Inacceptable car un soldat doit être fort, et inexprimable car le soldat craint les répercussions sur sa carrière. Le stress post-traumatique cause des blessures, de celles que l’on ne voit pas et dont on ne voit que les symptômes. Pourtant beaucoup de soldats touchés par le SPT pensent pouvoir régler seuls ce traumatisme.

Le propos ici n’est pas d’expliquer pourquoi les militaires touchés cachent leurs maux. Des professionnels l’expliquent mieux que moi.

Le but est de donner une série de raisons, sous une forme simple, pour lesquelles le militaire a tout intérêt à se faire soigner plutôt que d’espérer que ses troubles passent tous seuls :

– Un SPT peut ne pas se manifester tout de suite, mais plusieurs mois après le retour d’OPEX: Quand quelque chose commence à ne pas aller, il faut consulter, sinon cela peut s’aggraver.

– Si on ne se bat pas contre le SPT, il nous rattrapera un jour: troubles, dépression, addictions aux drogues ou à l’alcool.

– Reconnaitre et accepter son SPT, c’est commencer à guérir.

– Tout le monde peut être victimes d’un SPT.

– Le SPT est un champ de bataille, se soigner est une stratégie. Le médecin indique la stratégie mais on reste le maitre du jeu.

– Subir un SPT n’est pas honteux: on est juste un militaire qui a vécu une chose extra-ordinaire et qui a besoin d’une aide non ordinaire.

– Un SPT pris à temps se soigne plus facilement.

– Si on ne s’attaque pas à son SPT, on y entraine sa femme, son mari, ses enfants, ses parents.

– Un SPT pas soigné, c’est un héritage qu’on laisse à ses enfants.

– Un enfant peut être traumatisé par le SPT de son père ou de sa mère.

– Un SPT peut détruire un mariage ou des amitiés.

– Se soigner c’est bon pour soi, mais aussi pour les autres: Votre exemple peut sauver un collègue.

– Le SPT est une maladie professionnelle: La déclarer à temps permet de demander l’aide de l’institution. Cela sert pour vous, pour la famille, pour les collègues.

– Seuls des professionnels peuvent vous aider à vous soigner: Le soutien de votre conjoint est favorable à votre guérison mais si il était psychologue, il aurait ouvert un cabinet.

– Un militaire touché par un SPT ne doit pas s’isoler et taire sa blessure: Le soutien de la famille et des amis participe à la guérison.

– Si vous parlez de votre SPT trop tard, les assurances ne prennent plus en charge votre maladie.

– Si vous consultez pour un SPT, votre hiérarchie n’en est pas informée, vous ne risquez pas d’inaptitude définitive, peut-être une inaptitude temporaire dans certains cas (comme pour n’importe quelle blessure).

– Les soins pour guérir le SPT sont gratuits.

Les arguments pour ne pas laisser perdurer un SPT sont nombreux, le principal à mon sens étant celui-ci: Consulter un psychologue n’est pas faillir.

 

STP: QUELS SONT LES SYMPTOMES?

STP: LE PLAN D’ACTION DU MINISTERE

STP: PREVENTION, DETECTION, PRISE EN CHARGE

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  1. Bonjour.
    Je suis désolé mais je ne suis pas tout à fait d’accord avec vos propos enfin plus particulièrement sur le fait que notre hiérarchie n’est pas au courant car dans notre armée comme partout ailleur tout ce sais et malheureusement dès fois quand on croit pouvoir ce soigner et bien cela nous enfonce plus quand on nous regarde et qu’on nous dis…lui à un SPT ou autre…
    Sa ce que je dis est la vérité.
    Après aussi je veux bien qu’on me dise combien de temps on a pour déclarer un SPT afin que les assurances le prennent en compte…encore un combat en plus à mener.
    Ne me dites pas que nous ne perdons pas nos aptitudes…oui peut être sont elle dz retour administrativement mais dans l’esprit de nos chef on a faiblit une fois.
    Enfin tout cela pour dire que même si on le veut cela n’est pas forcément fesable.

  2. Jean Plassard dit:

    Fils et neveu d’une génération d’officiers passée par les enfants de troupe, peut-être pourrais-je faire passer un message au sujet du SPT.
    Avant toute chose, j’ai au tréfonds de moi un respect au de-là des mots pour ces hommes qui, au de-là de leurs convictions, avaient un mélange de compassion et de détermination pour leur patrie, leur peuple, leur Amour. Ils savaient que la vie ne mérite d’être vécue que si elle est a disposition de quelque chose d’au-delà de soi, dans lequel on est inclus et actif bien évidement. En offrande si je puis dire à quelque chose de plus grand que soi. En fait, concourir par la mise à disposition de soi-même, oeuvrer, au bien être, à la paix, des siens. Oui, que sa propre vie serve à une grande fraternité, et surtout, porter et faire vivre ce sentiment, cette vérité, cette beauté.
    Mon papa a donc fait les enfants de troupe, et ensuite servi (le peuple de France) pendant 5 ans. En 1947, le pays libéré, l’occupant pacifié, il n’a pas renouvelé son contrat, estimant qu’il était plus important de re-batir le pays en participant à éduquer la jeunesse. Il s’est fait instituteur, s’est marié et fait 5 enfants.
    …Il n’a pas été « dé-briffé » de 5 années de guerre. Pourtant de juste guerre si l’on puis dire puisque c’était pour libérer son pays d’un occupant. Donc une guerre juste pour faire court.
    En tant qu’enfant de cet homme là, quand il était bien, je le sentais tant bâtisseur/protecteur que véritable conseilleur/intuitif pour aider à aller se chercher au fond se soi-même. Bref un guide infaillible pour de se révéler. Je l’ai toujours senti à disposition des autres pour les aider à grandir « bien dans leur bottes » disait-il. Et je savais qu’au fond de lui l’amour, l’amitié, tenait la plus grande place. Il ne le disait jamais mais se « trahissait » par des de rares allusions. De plus il savait sublimer les choses.
    En tant qu’enfant de cet homme là pour qui j’ai toujours autant d’amour, des fois d’un coup sans prévenir, sans rien qui puisse le faire pressentir, au quart de seconde il devenait hors de lui. Comme un grand carnassier à l’extrême limite des choses, un fauve acculé et dangereux dans le besoin de tuer, de se jeter sur quelque chose, même sur n’importe quoi… même sur ses propres enfants. Dans ces coups de temps là, j’étais dans une trouille incommensurable. En même temps que mon sang se glaçait je me mettais à transpirer, et sentais mes excréments se liquéfier en moi. Tout ça devant mon papa, lui en qui, en d’autres temps, j’avais une confiance aveugle tant pour mon avenir que pour ma vie.
    Enfant, le papa que j’avais, ce Dieu paternel en qui j’avais une confiance illimitée, devenait un monstre pour qui ma vie ne comptait plus; pire même, j’étais un risque de danger pour lui. Moi son enfant, à ses yeux à lui, à son état de compréhension dans ces moments là, je devenais un danger mortel pour lui si je le contredisais, le regardais, et même respirais.
    Alors des fois, lorsque d’un coup il pétait les plombs, qu’il ne maitrisait plus les choses, que ses propres peurs remontaient le submergeaient et le tenaillaient, ils nous faisait passer dans une autre pièce, nous faisait mettre en rang d’oignons, et à chacun son tour, nous mettait une rouste qui ne s’arrêtait que lorsque nos sphincters se relâchaient (le début du coma dixit plus tard le psy).
    Dans son boulot il a toujours été apprécié et respecté, tant par ses collègues que par sa hiérarchie.
    A table, il lui fallait son vin. Quand j’étais pré-adolescent, mes parents se sont séparé. Je l’ai rejoint quelques années plus tard alors qu’il était en poste en franco-Afrique. Il s’était remarié. Avant d’aller se coucher, il lui fallait sa dose de whisky. A 45 ans devenu malade cardiaque il a été rapatrié sanitaire, lui un ancien sportif reconnu de tous.
    Un deuxième puis un troisième infarctus du myocarde ont fait de lui « un quart d’homme » disait-il.
    Il n’a bénéficié que de 9 ans d’une retraite confortable, bourré de plus en plus de cachets qu’il faisait passer avec du calva et d’interventions chirurgicales. A 67 ans une dénivellation de 1 mètre sur 15 mètres lui était de la pire difficulté.
    Il s’est éteint dans sa soixante neuvième année en laissant derrière lui 5 enfants d’une bonne intelligence et d’une combativité certaine. Les deux premiers ont passé des dizaines d’années pour se débarrasser de leurs névroses avec l’aide de spécialistes, sans toute fois s’en départir vraiment. Certes gagnants moultes argent (car combatifs)mais avec une vie amoureuse et sexuelle dont ils n’osent se vanter. Le troisième passa sa vie entre alcool et velléités. Le quatrième, après plus d’une quinzaine d’années d’excès en tous genres pour se chercher et une grosse connerie, à seulement commencé à se réparer pour ne se libérer, si l’on peut dire, qu’après 50 ans de clair-obscurs bien parsemés de « brun » . Le cinquième s’est pris deux chevrotines par son propre beau-père avant ses quarante ans (je précise que ce dernier n’était pas Corse ni que c’était une partie de chasse) laissant là 3 orphelins dont l’ainé a été témoin de la chose.
    Voulant faire court, j’ai résumé et n’ai pris que quelques passages.

    Voilà l’histoire d’un homme juste, capable de vrai compassion, redoutable d’intuition, doué pour le commandement, très bon sportif, excellent guerrier et d’un grand sang froid au feu (au vu et lecture de son livret militaire et de ses médailles dont je n’ai pris connaissance qu’après son décès) et bien d’autres choses encore…..qui en revenant de guerre à foutu sa vie en l’air et aussi quasi la vie de ses propres enfants, sans parler de ses épouses et par voie de conséquence de ses petits enfants! Tout simplement pour la simple raison qu’en ce temps là, les ravages plus ou moins conscients fait par la guerre dans le cerveau d’un être humain, n’était ni pris en compte ni reconnus. Un Homme, disait-on, se devait d’être le plus fort tant dans ses douleurs que dans ses peurs que dans ses hantises passagères; et qu’importe le coût, qu’importe le qu’en-dira-t-on et qu’importe de la vie de cet homme!
    …………………………
    Aussi au vu de ce que ma fratrie a connu et au vu de ce que d’autres enfants de militaires ont subi:
    Du fond du coeur et de tout mon être je vous implore, moi fils d’un valeureux militaire, vous revenus de situations terribles, de vous faire aider à vous libérer de ces putains de conséquences de souvenirs que la guerre a enfoui aux tréfonds de vous et que PERSONNE ne peut maîtriser quand elles vous empoignent.

    Comme disait un grand homme: tu es un homme, un vrai un entier, quand tu oeuvres pour ta liberté et le bonheur des tiens.

    Plein de respect à tous.

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