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Préparation physique et sportive militaire: Armée de gazelles ou Armée de chameaux ?

4 comm.
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Les tests annuels sportifs dans l’Armée sont nécessaires, un militaire doit être en bonne condition physique, mais les épreuves de contrôles actuelles sont-elles adaptées à ce qu’on attend d’un militaire aujourd’hui?

Tirant les enseignements de la guerre en Afghanistan, on peut légitimement se demander si la politique sportive militaire est adaptée à l’engagement opérationnel. En clair, a-t-on besoin d’une armée de gazelles ou d’une armée de chameaux ?

Des COPAVI aux CCPM

Instaurés en 1984, les COVAPI (Contrôle de la Valeur Annuelle Physique Individuelle) favorisaient nettement les adeptes de la course à pied. Les COVAPI se voulaient adaptés à une armée de conscription, avec un service d’une durée de 12 mois.

Ils ont été remplacés progressivement à partir de 2007 par les CCPM (Contrôle de la Condition Physique du Militaire) qui se veulent plus en adéquation avec une approche opérationnelle.

Les CCPM reprennent certaines épreuves des COVAPI (avec un durcissement des barèmes), auxquels d’autres tests ont été ajoutés. Bien entendu, les barèmes varient selon le sexe et l’âge.

Pour mieux éclairer notre étude, nous considérerons les performances à réaliser par un sujet masculin de moins de 40 ans (senior), épreuve par épreuve, pour obtenir la note maximale, ou la moyenne (ce qui est bien sur insuffisant !).

Endurance cardio-respiratoire: le test de Cooper

Endurance cardio-respiratoire: le test de Cooper (existait déjà dans les COVAPI avec un barème plus accessible): Il s’agit de parcourir, en tenue de sport, sur terrain plat le maximum de distance en 12 minutes. Notre sujet devra parcourir 3300 mètres pour avoir 20/20, ou 2400 mètres pour obtenir 10/20. Obtenir la note maximale au Cooper, impose donc un entraînement régulier et soutenu, et aussi quelques prédispositions à la course à pieds

l'Aisance aquatique

l’Aisance aquatique (existait déjà dans les COVAPI avec un barème plus accessible): Il s’agit de parcourir en maillot de bain, après un départ plongé ou sauté, 100 mètres en nage libre, immédiatement suivis de 10 mètres en apnée. Notre sujet devra parcourir les 100 mètres + 10 mètres d’apnée en moins de 1mn 40 pour avoir 20/20 ou simplement réaliser l’épreuve (sans notion de temps) pour avoir 10/20. Obtenir la note maximale au test d’aisance aquatique, impose donc un entraînement régulier et soutenu, et aussi quelques prédispositions à la natation.

 

La capacité musculaire générale (CMG):

3 types d’épreuves en tenue de sport sont laissées au choix des unités:

1 - CMG1: grimper de corde + abdominaux

1 – CMG1: grimper de corde + abdominaux: – Grimper de corde: 7 mètres de grimper effectif, style libre. Notre sujet devra grimper les 7 mètres en moins de 10 secondes pour avoir 10/10, ou les 7 mètres (sans notion de temps) pour obtenir 5/10. – Abdominaux: effectuer le maximum d’Abdominaux en moins de 2 minutes. Notre sujet devra effectuer 55 abdominaux pour avoir 10/10, ou 30 abdominaux pour obtenir 5/10.

2 - CMG2: pompes + abdominaux

2 – CMG2: pompes + abdominaux: – Pompes: effectuer le maximum de pompes sans interruption. Notre sujet devra effectuer 50 pompes pour avoir 10/10, ou 30 pompes pour obtenir 5/10.- Abdominaux: idem CMG1

CMG3: tractions à la barre fixe + abdominaux

3 – CMG3: tractions à la barre fixe + abdominaux: – Tractions: effectuer le maximum de tractions, mains en pronations, sans interruption. Notre sujet devra effectuer 12 tractions pour avoir 10/10, ou 6 tractions pour obtenir 5/10. – Abdominaux: idem CMG1

La CMG1, considérée comme la plus accessible, est l’épreuve généralement choisie par les unités. Le grimper de corde faisait déjà partie des COVAPI, avec un barème plus souple.

L’évaluation finale est réalisée en additionnant les résultats obtenus en endurance cardio-respiratoire, en aisance aquatique et en capacité musculaire générale.

On assiste à un rééquilibrage des capacités testées puisqu’avec les CCPM, la course à pied ne représente plus qu’un tiers de la note finale, tandis qu’avec les COVAPI, on atteignait les 60%.

Les CCPM semblent donc bien, en première approche présenter un net progrès par rapport à leurs prédécesseurs. Mais, les barèmes de course à pied et de natation semblent un peu inadaptés pour l’objectif déterminé, qui rappelons le, est de favoriser une condition physique du militaire dans une approche opérationnelle. Autrement dit avons-nous besoin de coureurs de demi-fond et de nageurs « olympiques » dans nos unités?

QUE FAUDRAIT-IL FAIRE ?

Il ne s’agit pas de jeter aux oubliettes la course à pied, qui selon nous doit demeurer la base de l’acquisition de l’entraînement foncier, mais les épreuves d’évaluations annuelles devraient être réorientées de façon à se rapprocher plus encore de l’opérationnel en s’appuyant sur les enseignements tirés en Afghanistan, où le combattant est appelé à se mouvoir au combat avec des charges de 30 à 40 kgs, ce qui réclame endurance, puissance et agilité.

Remplacer le Cooper

Nous pensons donc, qu’il faut remplacer le Cooper, épreuve désuette et sans intérêt pour le combattant, par une marche du type de celle pratiquée par les soldats danois lors de leurs épreuves physiques: 25 kilomètres en moins de 5 heures, en terrain varié, en tenue de combat avec sac à 13 kgs. On pourrait y inclure un tir au fusil d’assaut dès l’arrivée.

Transformer l'aisance aquatique

Concernant l’Aisance aquatique, il y a peu de chance que nos militaires aillent au combat en maillot de bain! Autant conserver le principe de l’épreuve (100 mètres + 10), mais à réaliser en treillis, sans notion de temps.

L'épreuve de capacité musculaire générale en treillis

Quant à l’épreuve de capacité musculaire générale, conservons ce principe, avec un léger bémol cependant: nos militaires n’iront pas non plus au combat en tenue de sport, donc autant réaliser le grimper de corde en treillis, sans notion de temps.

Deux autres épreuves

Ajoutons une épreuve de précision de lancer de grenades à 10, 20 et 30 mètres comme cela se faisait du temps du Brevet Militaire Sportif, et une épreuve chronométrée de Parcours d’Obstacles comme cela se fait encore dans certaines unités.

Ainsi, nous obtiendrons une bonne idée de la valeur physique d’une unité dans une approche opérationnelle.

Les coureurs quant à eux, pourront toujours se consoler avec les cross régimentaires!

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  1. je ne vois pas en quoi l’approche opérationnelle impliquerait une variation des barêmes en fonction de l’age et du sexe…

  2. Réformer oui!
    Mais déjà que la moitié des soldats ne font pas leurs tests. Alors en treillis….
    Je ne parle même pas des tests TAP qui font l’objet de rattrapage.

  3. « plus en adéquation avec une approche opérationnelle. »
    vs
    « Bien entendu, les barèmes varient selon le sexe et l’âge. »

    Bien entendu?

    • Diogéne le Cynik dit:

      Bonjour
      Je ne comprends pas votre commentaire auquel j’aimerai répondre pour m’expliquer.
      Vous pouvez développer?
      Merci

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