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« En grand désarroi !? »

9 comm.
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L’édito du 3 octobre 2013 du  Général de corps d’armée (2s) Dominique DELORT , Président de la Saint-Cyrienne est intéressante à plus d’un titre.

D’abord parce que autant les chefs, et les gens de pouvoir, se promènent sur des blogs du style de celui-ci pour mesurer le mécontentement militaire, sans d’ailleurs trop y croire, autant il est intéressant de lire ce qu’ils écrivent pour mesurer à quel stade de prise de conscience et d’engagement ils se trouvent.

En moyenne, et cela n’engage que moi, mon expérience et mon flair, l’écart entre le moment ou nous avons tous ici, ensemble, abordé les questions traitées par cet édito, et le moment ou ils ont formalisé les mêmes critiques est d’à peu prés un an.

Plusieurs raisons peuvent l’expliquer: le milieu social, l’âge, les risques, la carrière, la peur de remettre en cause un système pour lequel on a consenti beaucoup de sacrifices, le refus de mettre des mots sur l’écroulement de son monde, la crainte de ne pas faire partie du monde de demain, le manque de résilience.

Le moral des officiers

Dominique DELORT utilise les termes de tristesse, abattement, indifférence, amertume, sentiment d’être méprisés…

Il faudrait se réveiller, messieurs. Un peu plus de colère, un peu plus de courage, ailleurs que sur les champs de bataille. Le « courage du temps de paix » ne doit pas se manifester que lors de la notation de ses subordonnés.

Le devoir des officiers

Dominique DELORT rappelle avec beaucoup de lucidité, ce que nous formulions tout bas il y a un an pour ne pas jeter de l’huile sur un feu naissant:  » le code de la défense est clair ; s’il limite les droits des militaires et interdit l’existence de groupements professionnels, c’est parce qu’il appartient au chef « de veiller aux intérêts de ses subordonnés. Si la « base » voit ses chefs écoutés, le risque de syndicalisme est écarté. »

Mais puisqu’il en parle, voici ce qu’ici nous en pensons: Même si les chefs ne sont pas écoutés, cela ne veut pas dire pour autant que les chefs ont veillé aux intérêts de la base. Je pense que les deux phénomènes se conjugent.

Et s’en rajoute un troisième: Le chef qui a pris en main les intérêts de ses hommes et qui n’a aucune réponse ou solution au problème en provenance de ceux qui doivent les résoudre, qu’il n’est pas « écouté », devrait communiquer son expérience à ses hommes afin que leur ressentiment ne se reporte pas sur lui. On comprend très bien cette noblesse d’âme traditionnelle qui se refuse à montrer que l’Institution est en faute, mais c’est contre-productif.

Réfléchir et innover

« Si le syndicalisme  n’est pas la solution pour être mieux écouté, non pas parce que ce n’est pas efficace mais  (parce que ) ce serait un poison », mais qu’en même temps le traditionnel paternalisme, qui consiste à entourer ses hommes, ne marche plus parce que la communication verticale  est pipée, il appartient donc à ces officiers (ou élèves) Saint-Cyriens de trouver rapidement un autre mode de fonctionnement (et de communication), ingénieux, nouveau, sécurisé, humain, incassable et générant l’indispensable cohésion qui seule permet ce travail d’équipe et d’interdépendance qu’est l’armée.

Je conseille de le faire « rapidement » car un officier sans homme n’est rien et les départs sont nombreux.

Donc, participez à l’effort de réflexion qu’ont entrepris vos hommes il y a plus d’un an, et au travail. Pourquoi ? Parce que vous êtes (ou avez été) salariés dans une école gratuite, aux frais de la France, pour penser, non pas pour être abattus, tristes ou vexés.

Le discours est rude? C’est parce que vos hommes ont déjà vécu et compris tout ce qui est décrit dans l’édito de Dominique DELORT.

Et ils ont fait face.

 

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  1. minable mais digne dit:

    Etre en « 2S » ca veut dire retrouver ses deux sacoches…..?

    Trop tard, mon general !

  2. Bertrand Du Guesclin revient !…. ils en avaient dans le pantalon nos ancêtres …. Dommage, maintenant que l’on c’est bien fait émasculer ça être dur de revenir à leurs niveaux ….

  3. Le SGM dispose qu’il appartient au chef de veiller aux intérêts de ses subordonnés, cette disposition pouvant être interprétée comme une compensation de l’absence de droit syndical, et de droit d’association à caractère de défense des intérêts professionnel.

    Cette défense des intérêts peut s’entendre sur deux plans:

    le plan collectif:

    Dans l’économie de pénurie qu’est le budget de l’état, et dans un système clientéliste comme celui de la France, l’absence de syndicat est un handicap dans la lutte pour les budgets entre ministères.

    Et dans l’économie de pénurie qu’est le budget de la défense, s’affrontent 3 intérêts parfois divergents: ceux des industries de défense, ceux des personnels civils, et ceux des personnels militaire. Les premiers sont défendus par le puissant lobbying de réseau politico-industriel et par les syndicats des personnels, les seconds par ces mêmes syndicats, et par une DRH largement civilianisée, et les militaires le sont par leurs chefs

    Ce combat inégal nous amène aux arbitrages que nous connaissons aujourd’hui. Mais pour peser ici, le chef ne se définit que comme décideur de (très) haut niveau.

    Sur le plan individuel, le pouvoir du chef de pour préserver les intérêts de ses subordonnés reste limité : la rigidité des règles et procédures ne laisse que peu de place à l’avis du chef. Une manière de servir bien rédigée ne fait pas tout. Finalement, pour le temps que j’ai passé à commander, le meilleur moyen laissé aux cadre de préserver les intérêts de leurs collaborateurs, c’est de les informer de leurs droits autant qu’il leur rappelle leurs devoirs. Il s’avère qu’un administré bien informé peut parfois faire valoir quelques droits.

    Quand à influencer les grandes lignes de gestion du ministère….

  4. Delort, président du syndicat des Saint-Cyriens, défend les intérêts de carrière de cette corporation.

    • Oui, mais cela n’empêche pas de leur demander de se secouer un peu.

    • Limiter votre réflexion à ce commentaire montre bien que vos moyens sont limités. Pour travailler au quotidien avec des syndicats, je vois leur capacité à peser sur les événements en jouant de la faiblesse du politique.
      L’armée est le dernier bastion de la société qui travaille pour cette société. Les autres en profitent. Il est donc temps de montrer que le système actuel est déconnecté de la réalité par la faute du politique.

  5. Alpha du Centaure dit:

    Vu de l’extérieur, ce n’est pas notre armée qui est malade, c’est notre pays. Aujourd’hui, âgé de 74 ans, ancien officier de réserve, j’ai mal à la France. De ce mal on peut alors comprendre les problèmes de cohésion qui peuvent affecter notre armée, face à une Nation qui se délite, face à un reniement de notre histoire, de notre identité, face à la subversion on peut comprendre en effet qu’en temps de paix, le chef soit coupé d’une base qui a perdu la foi en ce pourquoi il s’est engagé. Silencieux, nous osons encore espérer qu’un César aurait l’audace de franchir le Rubicon. Mais il ne faudrait pas qu’il tarde trop !

    • Exact pour tout, mais l’armée a été contaminée, dirons-nous.

    • PARANG.NG dit:

      J’aime votre discours, cependant ne sommes-nous pas des veaux comme le disait le Général De GAULLE.
      Espérer qu’un César pourrait émerger et redonner espoir est illusoire quand on connait l’ambition et l’égoïsme ambiant de nos têtes et de ceux qui prétendent le devenir.
      Le César désintéressé qui ne mènerait son combat que pour la grandeur de la patrie n’est pas de ce siècle.

COMMENTAIRES (les commentaires sont modérés AVANT publication)