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Cynik

7 comm.
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Article écrit en 2013

Quelques jours de silence justifiés par le fait que je me suis livrée à une activité que j’avais abandonnée depuis longtemps: Essayer de trouver du sens à des théories philosophiques qui n’ont pas, pour moi, celui qu’elles affichent, et voir ce qu’elles cachent comme déviance au niveau sociétal.

J’ai donc lu pas mal de rapports et de conférences sur l’éthique dans l’armée, l’obéissance, etc…Je ne citerai aucun nom, les auteurs en question étant persuadés d’avoir une action bénéfique pour une humanité transcendée, je les laisse dans leur monde idéal et virtuel. On sait très bien ou vivaient les pro-chinois dans les années 70: en pro-chine.

Le lien entre le politique et le militaire a évolué ces 100 dernières années au même rythme que la notion du devoir de soumission pour en arriver à une situation de méfiance et de complication juridique telle que la traditionnelle obéissance militaire y perdra un jour sa loyauté.

Discipline, obéissance, loyauté sont les termes fondateurs de toute action militaire. Mais ces dernières années ont vu s’en ajouter d’autres tel que celui de devoir de désobéissance qui, à lui seul, anéantit les quatre autres. Et tous ces termes découlent de la notion fondamentale de l’éthique qui doit commander toutes les décisions du militaire. Or, ai-je lu, l’éthique est ce qui permet de savoir ce que l’on ne doit pas faire, mais elle est contre balancée par la liberté de faire ou ne pas faire.

Pour parvenir à un tel exploit en plein combat, le militaire doit être formé. Et là, les conseils pleuvent.

Le militaire doit d’abord être convaincu qu’il doit respecter la vie et la dignité de son adversaire,  condition incontournable qui lui permettra de savoir ce qui est bien ou mal de faire. Mais ajoutent ces penseurs, la situation peut l’amener à choisir entre pire et moins pire. Il doit ensuite être totalement imprégné de la culture militaire qui sous forme d’avis, pensées, cérémonies… bien expliquées par ses chefs, lui permettront d’avoir la réaction et le jugement attendus de lui par ces élites qui pensent pour les soldats, bien souvent des civils d’ailleurs. Ainsi formaté, le militaire saura se dire qu’il sait qu’il peut faire cela.

Au point ou on en est rendu dans les différents textes que j’ai lus de spécialistes reconnus, j’en suis à me demander ou est la différence avec un endoctrinement. Ou donc est la fameuse adhésion ?

Pour aider le soldat, un arsenal juridique s’est mis en place pour encadrer le devoir de désobéissance,  nommé auparavant droit de désobéissance, face à un ordre jugé illégal…mais donné uniquement par une autorité militaire, chef direct ou indirect, à qui le soldat doit pourtant obéissance et respect inconditionnels. Système parfait qui permet de se surveiller mutuellement et de se méfier de tous. Ou est passée la cohésion ?

Mais que cache tout cela ?

Pêle-mêle plusieurs choses: Une conception de société ou toute violence est éradiquée, la volonté quand même de recourir à la violence quand nos intérêts sont en jeu, le militaire comme miroir de l’inhumanité de ces super-civilisés, l’insupportable vision des effets de la guerre, l’impossibilité d’assumer ses décisions, l’achat d’une bonne conscience et le transfert de responsabilités.

Car n’oublions pas que l’armée ne fait que les guerres que les politiques ont décidées pour souvent des raisons bien moins avouables que celles édictées par la doctrine de la » guerre juste » . La « guerre juste » est un ensemble de règles définissant à quelles conditions la guerre est moralement acceptable. Par exemple aller sauver la démocratie en Syrie est une guerre « juste ». Y aller pour piquer les gazoducs des uns ou des autres n’est pas « juste ».

Vous comprendrez bien que dans l’état d’esprit débilitant ou nous vivons, il ne peut être question de dévoiler à la face du monde que nos intérêts sont les mêmes que ceux des djihadistes, sauvages reconnus et qui s’assument en tant que tels, eux, d’ailleurs. Nous risquons donc d’aller faire la même chose qu’eux, porter la guerre sur un territoire étranger qui ne nous a pas attaqués, mais en y mettant les formes c’est-à -dire en évitant les dommages collatéraux, dits aussi « victimes innocentes », et en tuant le djihadiste dont on se doit de respecter pourtant la dignité……Tout cela ce sont des MORTS, respectés ou pas, innocents ou non. Mais c’est moins gênant quand la guerre est juste, et c’est plus acceptable quand le lexique déshumanise la guerre…

En pénalisant les actes mortels commis par les militaires, on rejette sa responsabilité sur l’exécutant, le dernier de la chaine, celui à qui on demande de se salir les mains sur ordre venu de plus haut. Mettre une menace juridique n’a pas été pensée pour protéger le soldat. Elle a été pensée pour laver la conscience des décideurs d’interventions (on intervient, on ne fait plus la guerre). On vous envoie en intervention ou vous pouvez tuer ou vous faire tuer. Si vous ne tuez pas de manière « juste », on vous attend au tournant. Si vous vous faites tuer parce que vous n’avez pu répliquer de façon indubitablement « juste », vous avez droit aux honneurs.

L’achat d’une bonne conscience par les théoriciens et décideurs se fait au détriment de l’efficacité militaire et in fine au détriment de la sécurité des soldats.

Je ne caricature pas, je simplifie tout « juste » une société malade se sa propre couardise, malade de l’arrogance de ses intellectuels qui se prenant pour dieu, décident de façonner le monde à l’aune de leurs propres contradictions que leurs conditionnements personnels rendent incapables d’analyser et de résoudre.

Vous me trouvez cynique? oui, c’est mon nom….

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  1. Bonsoir

     » Je ne caricature pas, je simplifie tout « juste » une société malade se sa propre couardise, malade de l’arrogance de ses intellectuels…  »

    Illustration de cette proposition, réalisée ici par l’attachée culturelle du consulat français à Jérusalem, Marion Fesneau-Castaing.

    http://fr.ria.ru/presse_russe/20130924/199381662.html

    Même nos diplomates s’en mêlent . Incroyable . Ce soldat Israélien mérite des félicitations pour avoir su garder son calme.

    Belle image pour la diplomatie nationale.
    De plus il faut aller consulter régulièrement la presse étrangère pour disposer d’un peu d’ information.

    Maintenant , le « devoir de désobéir » est tout de même une notion difficile et laisse envisager le risque d’une ouverture intempestive et incontrôlable d’une nouvelle boîte de pandore.

    Cordialement

    • Bonsoir

      Pour information cette affaire de gifle semble se solder à l’amiable. ( visite du président en Israel prévue en novembre ).

      cf:
      http://tel-avivre.com/2013/09/30/affaire-fesneau-castaing-epilogue/

      Il est intéressant de voir que l’exportation de notre élite ne semble pas faire l’unanimité chez les autochtones. Faire l’arrogant en Israël ne produit pas les mêmes effets que chez nous.

      Cordialement

  2. « juste » une société malade se sa propre couardise, malade de l’arrogance de ses intellectuels qui se prenant pour dieu, décident de façonner le monde à l’aune de leurs propres contradictions que leurs conditionnements personnels rend incapables d’analyser et de résoudre.
    Excellente analyse et la conclusion vise juste. Nos étoilés, galonnés et autre branquignol de tout bord doivent prendre de la graine et méditer sur cette belle analyse par DF1.
    A enseigner à l’école militaire!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  3. La Grenouille dit:

    Je te remercie de nous donner à lire d’aussi bonnes analyses ! Je rejoins Cat : ta conclusion n’est que vérité et non cynisme.
    En revanche, je ne saisis pas l’intérêt d’énumérer les articles de la Constitution que cite CVR. Peux-tu m’éclairer ?

  4. Belle et intéressante analyse.

  5. excellent texte .. et ce qui est valable pour les militaires l’est aussi pour d’autres professions d’ailleurs même si la fonction ne soulève pas le mot « guerre » .. votre dernière phrase est magistrale « une société malade se sa propre couardise, malade de l’arrogance de ses intellectuels qui se prenant pour dieu, décident de façonner le monde à l’aune de leurs propres contradictions que leurs conditionnements personnels rend incapables d’analyser et de résoudre » .. je n’y vois aucun cynisme personnellement mais une vérité imparable ! merci

  6. Un seul mot B R A V O pour cette analyse qui, il est vrai, méritait quelques jours de profonde réflexion. Ces salopards de politiques sont d’une couardise sans mesure mais que peut-on attendre de ces gens sans scrupules qui n’ont qu’un objectif être réélus par les minorités de tous poils qu’ils cultivent avec morgue au détriment d’une majorité d’honnêtes gens éparpillés et perdus dans des partis politiques qui leur promettent la lune.
    Constitution du 24 juin 1793… il y avait de bonne idées dans ce texte. Les 30 et 31 sont un rappel aux élus… le 35 nous ouvre la voie lorsque le 32 n’est pas appliqué et l’article 27 ne fait pas de quartiers.
    Quelques articles des droits de l’Homme de l’époque :
    Article 25. – La souveraineté réside dans le peuple ; elle est une et indivisible, imprescriptible et inaliénable.
    Article 27. – Que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à l’instant mis à mort par les hommes libres.
    Article 28. – Un peuple a toujours le droit de revoir, de réformer et de changer sa Constitution. Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures.
    Article 30. – Les fonctions publiques sont essentiellement temporaires ; elles ne peuvent être considérées comme des distinctions ni comme des récompenses, mais comme des devoirs.
    Article 31. – Les délits des mandataires du peuple et de ses agents ne doivent jamais être impunis. Nul n’a le droit de se prétendre plus inviolable que les autres citoyens.
    Article 32. – Le droit de présenter des pétitions aux dépositaires de l’autorité publique ne peut, en aucun cas, être interdit, suspendu ni limité.
    Article 33. – La résistance à l’oppression est la conséquence des autres Droits de l’homme.
    Article 34. – Il y a oppression contre le corps social lorsqu’un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé.
    Article 35. – Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

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