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Budget de la Défense : le tour de passe-passe socialiste

1 comm.
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La revue  » L’Afrique réelle », dirigée par le controversé Bernard Lugan (1), a interviewé Philippe Meunier, député du Rhône et secrétaire de la Commission  de la Défense Nationale et des Forces Armées .

On y apprend qu’officiellement, le budget défini par la LPM ne bougerait pas…en apparence. Le tour de passe-passe consisterait à transférer des dépenses militaires financées par le budget général sur le budget du Ministère de la Défense. D’après Philippe Meunier, «  ils vont transformer les OPEX (Opérations extérieures) en bases prépositionnées sur l’arc sahélien. Or, il faut savoir que ces dernières ne sont pas financées comme le sont les OPEX par le budget général mais par le budget du Ministère de la défense. » (2)

Je rajouterais que jusqu’à présent, les Opex sont payées par l’ensemble des ministères, mais que cela est uniquement un usage «  et un risque pèse donc chaque année sur les OPEX, en fonction de la situation des finances publiques. »

La question est: Avec quel argent le Ministère de la Défense va-t-il pouvoir payer les bases prépositionnées?  Or le CEMA, le général De Villiers, a affirmé que les seules marges de manoeuvre restantes pour réduire à nouveau le budget de la défense étaient sur les rémunérations…CQFD…

Si tout cela se concrétise et que les OPEX se retrouvent à la seule charge du Ministère de la Défense et non plus à celle de la solidarité interministérielle, nous sommes dans le même abus de langage que pour l’affaire des ISC ou l’on vous affirme qu’il n’y a pas arrêt du paiement de l’Indemnité de Service en Campagne, mais uniquement arrêt des saisies et des validations des ISC. Il est par contre mal vu, voire interdit, d’en tirer la conséquence logique qui est, de fait, l’arrêt du paiement de ces ISC « jusqu’à nouvel ordre » puisqu’il n’y aura ni validation, ni saisie, et ce « jusqu’à nouvel ordre » …

Quand à Cecile Duflot, elle « a proposé à la Commission de la Défense, de récupérer le budget de la composante nucléaire aérienne pour financer les missions humanitaires de l’Armée de Terre en Afrique. » Quand je vous disais que la France n’était plus un pays mais une grosse ONG ….

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IT DE MONSIEUR PHILIPPE MEUNIER, Député du Rhône et secrétaire de la Commission  de la Défense Nationale et des Forces Armées :

Nos Armées sont de plus en plus engagées en Afrique et elles vont donc devoir disposer de moyens supplémentaires. Comme je l’ai expliqué et cartographié dans le numéro du mois de mai de l’Afrique Réelle, elles vont devoir impérativement tenir quatre verrous (Iforas, zone de la passe Salvador, appendice Cameroun-Tchad et région de Birao) pour tenter d’éviter la coagulation entre les conflits, pour le moment  éclatés, qui  se déroulent à la fois dans la zone sahélo-saharienne et dans l’arc de crise de l’Afrique centrale. Il va donc falloir  repositionner des forces et leur fournir le matériel adapté.

Or, et contrairement à ce qu’affirme le gouvernement et à ce qu’a encore déclaré le vendredi 16 mai le Premier ministre sur les ondes d’Europe 1, le budget de l’armée va encore  être amputé.
Mais sans toucher à l’enveloppe globale !!!. Le tour de passe-passe qui serait en préparation est expliqué dans l’entretien qui suit par Philippe Meunier, député du Rhône et secrétaire de la Commission  de la Défense Nationale et des Forces Armées :

Afrique Réelle : Le gouvernement dément les « bruits » concernant de nouvelles coupes du budget de la Défense. De quelles informations disposez-vous, vous qui êtes Secrétaire de la Commission de la Défense ?

Philippe Meunier : Le gouvernement a laissé « fuiter » dans un premier temps une économie supplémentaire demandée à nos armées de 2 milliards puis quelques jours plus tard de 1,5 milliard. En fait, le gouvernement nous refait le coût de la loi de programmation militaire.

Afrique Réelle : C’est à dire ?

Philippe Meunier : C’est à dire qu’il laisse « fuiter » un certain nombre d’informations volontairement très alarmistes pour retenir au final une solution qui sera jugée moins douloureuse, mais qui sera tout aussi mortifère pour nos troupes.

Afrique Réelle : Le Président de la République et le Ministre de la défense se sont pourtant engagés à de multiples reprises au sujet de la sanctuarisation du budget dans le cadre de la Loi de Programmation Militaire (LPM)?

Philippe Meunier : C’est exact. C’est la raison pour laquelle je pense qu’ils vont procéder à « un tour de passe passe ». Ils ne toucheront pas à l’enveloppe budgétaire prévue dans le cadre de la LPM, mais ils vont transformer les OPEX (Opérations extérieures) en bases prépositionnées sur l’arc sahélien. Or, il faut savoir que ces dernières ne sont pas financées comme le sont les OPEX par le budget général mais par le budget du Ministère de la défense.

Afrique Réelle : Nos Armées auraient donc toujours la même enveloppe budgétaire mais devraient faire face à des dépenses supplémentaires. Ce serait donc de l’enfumage.

Philippe Meunier : Une tromperie de plus.

Afrique Réelle : Mais, si tel était le cas, comment nos Armées arriveraient-elles à trouver les économies nécessaires pour financer ces nouvelles dépenses compte tenu des efforts déjà demandés par la LPM ?

Philippe Meunier : C’est la raison pour laquelle depuis quelques semaines l’actuelle majorité procède dans le cadre de la Commission de la Défense, à un certain nombre d’auditions au sujet de la dissuasion nucléaire afin de réfléchir à l’ « utilité » de ses budgets. L’objectif dissimulé de ces auditions est aujourd’hui dévoilé : essayer de convaincre les parlementaires de la nécessité de diminuer notre capacité de riposte nucléaire.

Afrique Réelle : Pour quelle finalité ?

LIRE LA SUITE SUR LE BLOG DE BERNARD LUGAN

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(1) Bernard Lugan est un historien français spécialiste de l’Afrique. De 1972 à 1983, il enseigne à l’Université nationale du Rwanda, pays dans lequel il mène également des fouilles archéologiques. De 1984 à 2009, il est maître de conférences à l’université de Lyon III, où il assure différents cours autour de l’histoire de l’Afrique et de la francophonie. Il dispense également pendant cette période des conférences à l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) ainsi qu’à l’École de guerre au sein du module « Histoire et géostratégie de la francophonie » : source Wikipédia

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(2) Dans son compte-rendu au titre de la commission des finances consacrée à l’examen du projet de loi de programmation militaire (LPM) (cf. http://www.francois.cornut-gentille.fr/wp-content/uploads/2013/11/20131112-Fra-Ass-Nat-examen-LPM-commission-finances.pdf), Jean Launay, député PS du Lot et rapporteur pour avis, indique notamment que « la loi de programmation militaire repose sur un mécanisme simple : si le ministère de la Défense parvient à mener à bien les réformes qu’il doit conduire, il disposera de crédits suffisants. À l’inverse, si des dérapages sont constatés, il se trouvera en situation d’auto-assurance. S’il doit faire face à des aléas indépendants de sa volonté, comme des interventions extérieures ou la non-perception des ressources exceptionnelles en temps et en heure, des clauses de sauvegarde prévoient la mise en œuvre d’un financement interministériel évitant que le budget propre de la défense soit excessivement mis à contribution ».

François Cornut-Gentille a fait part de ses doutes sur les recettes exceptionnelles qui obéissent à « des procédures qui ne relèvent pas pleinement de l’orthodoxie budgétaire » et au financement interministériel des opérations extérieures : « cette procédure, présentée comme un « usage », n’est pas définitivement acquise pour Bercy et un risque pèse donc chaque année sur les OPEX, en fonction de la situation des finances publiques. L’argument selon lequel la solidarité paie les OPEX fragilise, en réalité, la loi de programmation militaire.»

Les prédictions de François Cornut-Gentille sur les OPEX ont été en partie confirmée par les dispositions du projet de loi de finances rectificative (cf. Qu’y a-t-il dans le budget rectificatif 2013 voté par l’Assemblée (Francetvinfo))

Source: http://www.regards-citoyens.com/article-loi-de-programmation-militaire-l-argument-selon-lequel-la-solidarite-paie-les-opex-fragilise-en-real-121544125.html

ILLUSTRATION: SIPA

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  1. Ayant eu l’occasion d’entendre B. Lugan à l’école de guerre, ses détracteurs ne peuvent que lui reprocher de tenir un discours de vérité et de bon sens. Il est aussi membre de la commission d’enquête pour le TPI du Rwanda. C’est un véritable « M. Afrique », mais ses prises de position ne sont pas dans l’air du temps actuel, « mémoriel » et « repentant »…

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